Quoi qu’en dise l’industrie du tabac, le tabac chauffé n’est pas une solution !

Quoi qu'en dise l'industrie du tabac, le tabac chauffé n'est pas une solution!Lundi, 7 Décembre 2020

Cet automne, l’industrie du tabac frappe fort pour influencer les règles prises par les pays de l’Union Européenne en matière de tabac chauffé. Elle tente de convaincre les responsables politiques de ces pays de la « sécurité » de ces produits à base de tabac. 

Dans ce contexte, nous épinglons l’initiative de l’Amcham (chambre de commerce américaine, proche de Philip Morris International - PMI) qui utilise un prétendu « consensus scientifique international » en faveur de ces produits dans ses courriers adressés aux autorités. Parmi les « preuves » citées, un rapport du Conseil Supérieur de la Santé (CSS) belge. Or, ce rapport ne recommande pas du tout la commercialisation et la promotion du tabac chauffé comme réclamée par PMI… 

La position de la Fondation contre le Cancer

La Fondation contre le Cancer s’insurge contre cette manière de procéder pour promouvoir ces nouveaux produits du tabac, qui plus est via des messages manipulateurs

Une première manipulation prenait la forme d’un communiqué de presse de PMI en juillet dans lequel Philip Morris France se réjouissait de l’autorisation que lui a accordée aux États-Unis la Food and Drug Administration (FDA) de commercialiser son dispositif de tabac chauffé en tant que « produit du tabac à moindre risque ». En faisant la promotion de ces « heatsticks » en tant qu’outils de réduction de risques plutôt que de réduction d’exposition, le cigarettier outrepasse les droits de communication que lui donne la FDA.

Au mois d’août, une deuxième manipulation voit le jour via des lettres d’Amcham vers des ministres de la santé en Europe. Celles-ci citent le rapport de la FDA, mais également le rapport sur le tabac chauffé de notre Conseil Supérieur de la Santé. Dans ces lettres Amcham demande des mesures moins strictes pour le tabac chauffé, même si notre CSS ne soutient dans aucun cas cette position. Par contre, notre Conseil Supérieur de la Santé insiste, même en cas de risque réduit, sur la nécessité de soumettre ce tabac chauffé à une législation stricte, comme c’est le cas pour les cigarettes classiques.

Ces deux initiatives de communication ne sont certainement pas fortuites dans une période où la réglementation relative aux produits à base de tabac est en discussion dans les Etats membres de l’Union européenne. Il est essentiel que les ministres européens de la Santé ne se laissent pas berner par un lobbying dissimulé. 

A la demande de la Fondation contre le Cancer, le président du Conseil Supérieur de la Santé a donc adressé une rectification aux ministres européens de la Santé et des Finances. Il y rappelle clairement que la Belgique possède une législation « forte » en matière de tabac chauffé. Il précise également que toute publicité et/ou allégation de « promotion de la santé publique » comme on en retrouve dans les textes de PMI ou ses alliés sont interdites en Belgique, et que le CSS est favorable à cette législation stricte.

En effet, la législation en vigueur actuellement en Belgique interdit également : 

la publicité du tabac chauffé,

leur vente aux mineurs de moins de 18 ans, 

la vente à distance,

de le fumer dans les lieux fermés accessibles au public.