Un vaccin pour débuter 2021 ?

Lundi, 4 Janvier 2021

 

La vaccination Covid-19 a débuté en Belgique ce 28 décembre 2020 dans trois maisons de repos, une en Flandre, une à Bruxelles et une en Wallonie. C’est une bonne nouvelle dans la lutte contre la pandémie, qui nous permet d’espérer un retour à une vie « normale » au second semestre 2021.                                                     

D’après une étude réalisée par Sciensano début décembre, 60% des belges souhaitent se faire vacciner et 25% hésitent encore à le faire. Rien d’étonnant à ce qu’ils soient nombreux à se poser des questions, tant le coronavirus nous aura confronté ces derniers mois à des situations sans précédent. Mais pour atteindre rapidement un taux d’immunité collective qui change radicalement la donne face à ce fichu virus, il faudra qu’au moins 70% de nos concitoyens soient vaccinés. Nous devrions pouvoir y arriver en Belgique, à condition de faire clairement comprendre les enjeux. Pour y contribuer, la Fondation contre le cancer a voulu répondre le plus simplement possible aux questions les plus fréquentes sur la vaccination Covid-19. Ainsi, chacun pourra se décider en toute connaissance de cause.

Une vaccination pour quoi faire ?

Dans un contexte de pandémie, la vaccination a deux objectifs majeurs :

  • protéger les personnes vaccinées contre les risques d’infection et de complication grave de la maladie ;

  • protéger les autres en empêchant la transmission épidémique du virus.

La vaccination c’est donc à la fois se protéger et protéger les autres.

Une vaccination efficace ?

Le premier vaccin approuvé ce 21 décembre par l’Agence européenne du médicament a montré son efficacité chez plus de 94% des personnes vaccinées. Y compris chez les plus de 65 ans, qui sont les plus à risque de développer une forme sévère de Covid-19. Donc oui, il s’agit d’une vaccination très efficace.

Une vaccination développée en quelques mois à peine ?

Ce premier vaccin a en effet été développé en un temps record, mais en suivant néanmoins toutes les étapes habituelles. Le gain de temps est le résultat d’un effort de collaboration scientifique sans précédent, soutenu par des financements publics et privés considérables, avec une accélération majeure des procédures administratives. Sans oublier le recrutement éclair de dizaines de milliers de volontaires pour tester le nouveau vaccin. D’habitude, trois phases de validation se suivent, espacées par des délais administratifs souvent longs, avant de débuter la phase de production proprement dite du vaccin. Ici, tout a été organisé simultanément, mais chaque étape a néanmoins été réalisée complètement et analysée par des instances indépendantes. C’est seulement à l’issue de ce processus que le vaccin a été approuvé par des instances également indépendantes.  Cette rapidité n’est donc pas synonyme de précipitation ni de risques inconsidérés.  

Une vaccination complètement sans risque ?

En médecine, le risque zéro n’existe pas ! Il faut toujours peser soigneusement les avantages et inconvénients potentiels. Dans le cas de la Covid-19, avec déjà près de 19.000 morts en Belgique et la perspective de vagues successives faute de vaccin, le calcul est évident. C’est d’ailleurs le principe même de toute vaccination : accepter un risque minime, pour un bénéfice individuel et collectif important. 

Que sait-on des effets secondaires du vaccin ?

Des effets secondaires légers sont habituels avec tous les vaccins. Cela n’a rien d’anormal ni de surprenant puisque la vaccination a pour but de faire réagir notre système immunitaire, afin qu’il soit ultérieurement prêt à combattre efficacement un agent infectieux. Cela peut se traduire par une légère douleur au point d’injection, un peu de fièvre, des frissons, de la fatigue, des maux de tête ou des douleurs musculaires. Tous ces symptômes disparaissent rapidement. Et c’est bien ce qui a été constaté chez les dizaines de milliers de personnes qui ont participé volontairement aux trois phases préparatoires du vaccin. Ni plus, ni moins…

N’y aura-t-il pas d’autres effets secondaires à plus long terme ?

Impossible de répondre de façon catégorique à cette question, faute de recul suffisant. Mais à cet égard également, l’expérience est rassurante. L’analyse des données scientifiques de ces 50 dernières années montre que l’immense majorité des effets secondaires d’un vaccin surviennent au cours des 6 premières semaines après son administration. Et jusqu’à présent, l’on n’a rien constaté d’inquiétant chez les dizaines de milliers de personnes vaccinées depuis bien plus de 6 semaines au cours des phases test. Par ailleurs, les rumeurs qui, par le passé, ont accusé les vaccins de provoquer des conséquences graves comme la sclérose en plaque ou l’autisme se sont révélées fausses, études scientifiques à la clef. Enfin, soulignons que comme tout nouveau vaccin ou médicament, la vaccination Covid-19 fait et fera l’objet d’un suivi attentif au niveau mondial par des instances scientifiques indépendantes, afin de déceler tout effet indésirable à court, moyen ou long terme.

Un vaccin qui protège pendant combien de temps ?

Ici aussi, il est trop tôt pour répondre à cette question. D’un vaccin à l’autre, la protection peut aller de quelques mois à plusieurs années. Les scientifiques y verront beaucoup plus clair à ce sujet d’ici l’été prochain. Souvenons-nous que la Covid-19 est une situation nouvelle, face à laquelle les connaissances se construisent progressivement…

Le vaccin fera-t-il disparaître complètement la Covid-19 ?

Probablement pas. Mais il lui ôtera son caractère de pandémie incontrôlable.

Qui, quand, comment ?

Le Conseil supérieur de la Santé a défini 3 groupes prioritaires pour la vaccination contre le COVID-19 :

  • Tous les travailleurs du secteur des soins de santé, ainsi que les résidents et le personnel des maisons de repos et de soins.

  • Les personnes âgées de plus de 65 ans.

  • Les patients de 45 à 65 ans atteints de maladies chroniques qui augmentent le risque de COVID-19 sévère (obésité avérée, diabète, l’hypertension, maladies cardiovasculaires, pulmonaires, rénales, du foie), ou encore ceux atteints de problèmes hématologiques (maladies du sang) ou de cancers (en cours de traitement ou traités récemment).

Ces trois groupes prioritaires représentent au total 4 millions de personnes en Belgique. Ensuite, ce sera au tour du reste de la population adulte.

La vaccination, gratuite et sur base volontaire, sera donc organisée en plusieurs phases successives, en fonction des profils de risque et des doses disponibles. Les personnes y seront invitées par lettre, qui précisera les modalités pratiques à suivre.

 

Est-ce que toutes les personnes qui ont ou qui ont eu un cancer peuvent se faire vacciner ?

Pour la toute grande majorité d’entre elles : oui. Mais, comme pour tous les autres vaccins, il vaut mieux prendre l’avis du médecin traitant ou du médecin oncologue.

Dr D. Vander Steichel

Directeur médical et scientifique