Une avancée belge dans le traitement des cancers de la peau les plus fréquents !

Cancer de la peauMercredi, 10 Octobre 2018

Une équipe de chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles a identifié l’une des causes de récidive dans les cas de cancers basocellulaires, le cancer de la peau le plus fréquent. Cette découverte ouvre la voie à une nouvelle combinaison de traitements visant à faire régresser la tumeur et à éviter le risque de rechute.

Sources : Nat Rev Cancer. 2018 Sep;18(9):549-561. doi: 10.1038/s41568-018-0024-5 ; Belga, 08-10-18 ; Le Soir, 09-10-18 ; L’Echo, 09-10-18 ; L’Avenir, 09-10-18

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Le carcinome basocellulaire est le cancer de la peau le plus fréquent chez les individus à peau claire. On le retrouve principalement au niveau de la tête et du cou (85 % des cas) et secondairement sur les membres et le tronc (15 %). Chaque année, ce cancer touche plusieurs millions de nouveaux patients dans le monde et son incidence est en constante augmentation dans les pays occidentaux. Il représente 50 % de tous les cancers et 75 % de tous les cancers de la peau. Il ne donne des métastases que dans des formes très rares. Il peut néanmoins se révéler très invalidant à cause de son développement local et des récidives fréquentes après traitement.

Le traitement standard des cancers basocellulaires localement avancés ou métastatiques consiste en l’ablation chirurgicale de la tumeur suivie de la prise d’un médicament (le vismodegib). Ce dernier permet d’obtenir une nette régression de la tumeur mais, très fréquemment, les patients sont victimes d’une récidive après l’arrêt du traitement.

Les équipes d’Adriana Sanchez-Danès et de Cédric Blanpain (Université Libre de Bruxelles) ont identifié les mécanismes par lesquels le vismodegib induit la régression tumorale et ont découvert l’origine de la rechute lors de l’arrêt de ce traitement. Le vismodegib induit la différentiation de la majorité des cellules tumorales; cela signifie qu’elles ne sont plus capables de proliférer et finissent par mourir. Toutefois ce traitement conduit à l’apparition de quelques cellules cancéreuses dormantes.  Elles se caractérisent par une voie de signalisation (Wnt) qui favorise leur survie. En inhibant cette voie Wnt, les chercheurs espèrent rendre ces cellules cancéreuses dormantes à nouveau sensibles au traitement et éviter le risque de rechute. 

La bonne nouvelle c’est que ce médicament inhibiteur existe et a déjà été testé avec succès chez la souris. Une étude clinique visant à tester la combinaison du vismodegib et du médicament inhibant la voie de signalisation Wnt devrait démarrer très prochainement chez l’humain.