Une nouvelle forme d’immunothérapie pour traiter le myélome multiple

ImmunotherapieVendredi, 10 Août 2018

L’équipe du Professeur Michel Delforge (UZ Leuven) a traité un patient atteint de myélome multiple (un cancer de la moelle osseuse également dénommé « maladie de Kalher ») en ayant recours à des cellules CAR-T. Il s’agit d’une nouvelle forme d’immunothérapie utilisée pour la première fois en Belgique et qui semble être porteuse d’espoir.

Sources : Communiqué de l’UZ Leuven, 08-08-18 ; Belga, 08-08-18 ; Het Nieuwsblad, 09-08-18 ; L’Echo, 09-08-18 

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Le myélome multiple, ou maladie de Kahler, est un cancer de la moelle osseuse caractérisé par une multiplication incontrôlée de plasmocytes (un type particulier de globules blancs). Cette prolifération s’accompagne de la production  d’une protéine anormale (paraprotéine) présente dans le sang et l’urine. La maladie s’accompagne d’un risque accru de fractures osseuses, d’insuffisance rénale et  d’infection. 

Le myélome multiple atteint principalement les seniors (âge moyen : 67 ans) mais 10 % des malades ont moins de 50 ans au moment du diagnostic. 

D’importants progrès ont été réalisés ces dernières années dans le traitement de cette maladie qui reste rarement totalement guérissable, mais peut être efficacement contrôlée chez de nombreux patients. C’est la raison pour laquelle les chercheurs ont envisagé d’autres approches, dont une nouvelle forme d’immunothérapie utilisant les cellules CAR-T. 

De quoi s’agit-il ?

Les cellules CAR-T sont des lymphocytes T (un type de globules blancs) prélevés chez un patient (par simple prise de sang). Ces globules blancs sont modifiés en laboratoire de manière à leur faire exprimer un récepteur artificiel, dit chimérique (en anglais Chimeric antigen Receptor ou CAR). Ce récepteur est conçu de manière à reconnaître un antigène tumoral, de façon à permettre à ces globules blancs modifiés d’attaquer très spécifiquement les cellules cancéreuses. Les lymphocytes T ainsi modifiés sont ensuite multipliés (toujours en laboratoire) puis réinjectés au patient chez qui ils avaient été prélevés.  

Cette nouvelle approche immunothérapeutique fait l’objet d’essais cliniques dans plusieurs pays depuis 2012. Elle est essentiellement utilisée chez des patients atteints de cancers hématologiques (leucémies et lymphomes) résistants à d’autres traitements, avec parfois des résultats impressionnants. Ces succès doivent toutefois être relativisés car jusqu’à présent, seuls certains malades répondent favorablement au traitement par cellules CAR-T.

Cette première belge, réalisée à l’UZ Leuven, est encourageante, mais il faudra encore affiner la technique afin qu’elle puisse être administrée de manière efficace à un plus grand nombre de patients. Les chercheurs envisagent également d’élargir cette approche aux tumeurs solides. 

Il va de soi que nous suivrons de très près ces recherches.