Une immunothérapie efficace contre tous les cancers ?

Une immunothérapie efficace contre tous les cancers ?

Jingjing Zhu, une jeune chercheuse financée par la fondation contre le cancer annonce des résultats prometteurs pour tous les types de cancers

Les mandats postdoctoraux octroyés par la Fondation contre le Cancer sont une formule de soutien financier dédié aux chercheurs titulaires d’une thèse de doctorat et désireux de poursuivre une carrière de recherche académique en Belgique. Les besoins sont criants dans ce domaine et le nombre de candidatures reçues dans le cadre des appels lancés tous les deux ans par la Fondation contre le Cancer en sont une preuve évidente !

Ces mandats constituent de véritables tremplins pour faire avancer la recherche, comme en témoignent les résultats récemment publiés par Jingjing Zhu dans une importante revue scientifique.

Jingjing Zhu est une chercheuse travaillant au sein de l’Institut de Duve (UCLouvain). Enfant, elle a vu sa grand-mère souffrir d’un cancer du foie, et l’a accompagnée pendant les derniers mois de sa vie. Ce vécu personnel a été un moteur pour le choix de sa carrière. Aujourd’hui, ses recherches portent sur l’amélioration de l’immunothérapie du cancer, dont l’objectif consiste à utiliser le système immunitaire du patient pour lutter contre sa propre tumeur.

L’immunothérapie, la solution pour certains cancers, mais pas tous ?

La chimiothérapie et la radiothérapie sont largement utilisées pour lutter contre le cancer et restent des traitements de première ligne. Elles combattent la maladie en s’attaquant directement aux cellules cancéreuses. Cependant, dans certains cas, ces thérapies peuvent entraîner des effets secondaires néfastes pour l’organisme, ou encore ne pas être très efficaces chez certains patients.

L’immunothérapie va, quant à elle, stimuler les défenses immunitaires de la personne atteinte d’un cancer. C’est son système immunitaire qui identifiera les cellules cancéreuses et les tuera. Ces dernières années, l’immunothérapie a beaucoup progressé et a donné lieu à de nombreux succès. C’est le cas, par exemple, du mélanome avancé. Avec la chimiothérapie et la radiothérapie, le taux de survie à 5 ans était inférieur à 10 %. Aujourd’hui, grâce à l’immunothérapie, il est d’environ 50 %.

Cependant, l’immunothérapie n’est pas encore efficace pour tous les cancers et nous ne savons pas pourquoi certains patients n’y répondent pas.

Un projet de recherche pour une immunothérapie universelle

Le travail de Jingjing Zhu vise à comprendre pourquoi certains patients ne réagissent pas à l’immunothérapie, et à rendre le traitement plus efficace pour le plus grand nombre de patients.

« Je ne me concentre pas sur un type de cancer spécifique car mon objectif est de traiter tous les patients atteints de cancer. Mon rêve ultime est de développer une immunothérapie plus efficace et universelle, une thérapie qui pourrait être efficace pour un plus grand nombre de patients et une plus grande variété de cancers » commente Jingjing Zhu ( UCLouvain)

Utilisant un système de dépistage très sophistiqué, visant à identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, la chercheuse espère concevoir de nouveaux médicaments et obtenir de nouvelles thérapies pour éliminer le cancer.

« Nous avons déjà identifié une nouvelle cible thérapeutique, un membre de la famille des récepteurs adrénergiques. Nous avons montré que nous obtenions un effet antitumoral significatif avec des médicaments qui augmentent l’activité de ce récepteur dans plusieurs modèles expérimentaux de tumeurs. Jusqu’à présent, nous avons testé des modèles de souris atteintes de cancer du pancréas, de mélanome, de cancer du poumon, de cancer du sein, de cancer du côlon, de myélome, de lymphome et de fibrosarcome. Dans tous ces modèles, le produit a montré un très bon effet antitumoral. Nous sommes dans une phase passionnante de développement de médicaments encore plus actifs et d’essais de leur utilisation dans des essais cliniques. »

La Fondation contre le Cancer sélectionne des chercheurs expérimentés et les finance pendant 4 ans pour permettre de telles avancées

Trouver de nouveaux médicaments est un processus très lent. Un nouveau traitement doit être analysé dans différents modèles cellulaires et animaux. Il faut comprendre comment un type de médicament fonctionne avant de pouvoir prédire comment il fonctionnera chez l’homme et s’il y aura ou non des effets secondaires. C’est très important, mais cela peut prendre de nombreuses années. « Le soutien de la Fondation contre le Cancer me permet de me concentrer sur mes recherches et de les faire progresser régulièrement pendant quatre ans sans me soucier de devoir chercher d’autres sources de financement ».

La jeune chercheuse, enthousiaste, poursuit : « Nous n’avons jamais été aussi proches d’une réponse qui pourrait changer la donne. Nous disposons de nombreuses technologies pour réaliser la prochaine percée, comme pour l’immunothérapie il y a dix ans. Nos recherches quotidiennes sont lentes, mais chaque jour nous rapproche un peu plus de notre rêve de réduire le fardeau des patients atteints de cancer à l’avenir. Pour y parvenir, nous avons besoin de soutien. Nous sommes reconnaissants de pouvoir compter sur le soutien de tous ceux qui, par leurs dons, nous permettent d’aller de l’avant dans nos recherches. »

Financer la recherche scientifique est la mission première de la Fondation contre le Cancer. Rien ne serait possible sans ses donateurs, qui, à ses côtés, permettent de soutenir des projets prometteurs comme celui-ci et petit à petit, de transformer l’espoir en victoire.

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