Grants 2016 | Professeur Cédric Blanpain | Fondation contre le Cancer

Grants 2016 | Professeur Cédric Blanpain

Professeur BlanpainLors des Grants 2016, le professeur Blanpain a obtenu un Cancer Research Award en recherche fondamentale. Ce prix met à l'honneur les chercheurs arrivés en tête de la sélection réalisée par les Conseils scientifiques.

 

Nom : Cédric Blanpain
Etablissement : Université Libre de Bruxelles
Domaine de recherche : les métastases
Grant 2016 : 600 000 euros octroyés sur 4 ans

« La compréhension des métastases est en pleine évolution »

Sur quoi porte votre projet ?

Professeur Blanpain : « Mon équipe et moi tentons de mieux comprendre les mécanismes responsables des métastases, qui constituent la première cause de mortalité des patients atteints de cancer. Pour former des métastases, les cellules cancéreuses doivent quitter la tumeur initiale, passer dans le sang, coloniser un autre organe et y établir une nouvelle tumeur.

Bien que l'on étudie ce phénomène depuis plus de vingt ans, de nombreuses questions restent encore sans réponse. »

Sur quelles questions travaillez-vous ?

« Par exemple : existe-t-il une sous-population de cellules cancéreuses au sein de la tumeur primaire qui peut la quitter et former des métastases ? Leur profil génétique ne semble pas influencer tellement leur potentiel métastatique. Mais alors, quelles sont ces cellules qui quittent la tumeur primaire ?

De plus, on dit toujours que les cellules cancéreuses sont attachées les unes aux autres par des molécules d'adhésion. Faut-il qu'elles les perdent pour pouvoir passer dans le sang ? Les avis divergent encore sur cette question.

Un autre exemple : un très grand nombre de cellules cancéreuses circulent dans le sang des patients. Proportionnellement, le nombre de métastases finalement formées est infime. Donc la difficulté, pour la cellule cancéreuse, ce n'est peut-être pas de sortir de la tumeur primaire mais bien d'aller coloniser le bon organe et d'y survivre. Que lui faut-il exactement pour y parvenir ? Et une fois le nouvel organe colonisé, comment la tumeur recrute-t-elle ce dont elle a besoin pour se développer ? »

Comment vous y prenez-vous ? Professeur Blanpain

« On peut partir de l'idée que la clé du problème se trouve déjà dans le cancer primaire. Il est difficile de travailler directement avec des tumeurs de patients car la quantité de matière disponible est limitée. Nous devons donc recréer le cancer du patient chez la souris afin de voir si certaines sous-populations cellulaires sont plus métastatiques que d'autres. Nous sommes en train d'en trouver.

Une autre approche consiste à prélever un peu de sang chez le patient et à isoler les cellules cancéreuses circulantes afin de les comparer avec celles de la tumeur primaire et de la métastase. Nous travaillons actuellement sur la façon d'isoler ces cellules tumorales circulantes. »

Dans l'objectif final de développer de nouveaux traitements ?

« Bien sûr. Le but est d'apporter de nouvelles pistes thérapeutiques pour soigner les patients. La compréhension du développement des métastases est un domaine en pleine évolution et chaque nouvelle recherche menée à travers le monde apporte sa pierre à l'édifice.

Chaque découverte pose dix nouvelles questions, et c'est en essayant de répondre à ces dix questions que l'on parvient à préciser un élément qui était resté flou dans la première étude. »

Tout ceci grâce à des dons privés...

« La recherche est sous-financée en Belgique. La Fondation contre le Cancer permet de réaliser des projets qu'il serait impossible de faire sans elle. Or c'est le grand public qui y contribue et je trouve cela extraordinaire. De plus, en matière d'équipements, la Fondation palie au manque d'investissement des pouvoirs publics dans nos universités. Son soutien est extrêmement précieux. »

Dernière adaptation le: 23/06/2017