Mandats postdoctoraux | Dr. Alessandra Camboni : « Des ovaires artifi ciels pour restaurer la fertilité après un cancer » | Fondation contre le Cancer

Mandats postdoctoraux | Dr. Alessandra Camboni : « Des ovaires artifi ciels pour restaurer la fertilité après un cancer »

Dr. Alessandra CamboniUn traitement contre le cancer peut sauver une vie, mais peut aussi rendre stérile. Aujourd’hui, préserver la fertilité chez les jeunes patientes doit faire partie intégrante de la prise en charge du cancer. Dans le cadre du mandat qui lui a été octroyé par la Fondation contre le Cancer, le Dr Alessandra Camboni poursuit ses recherches, au sein du laboratoire de gynécologie de l’UCL, pour mettre au point un ovaire artificiel permettant de restaurer en toute sécurité la fertilité après un cancer.
 
Dr Alessandra Camboni - Université catholique de Louvain (UCL) - Projet de recherche : préservation de la fertilité chez les patientes atteintes de cancer
 

Dr Alessandra Camboni : « La chimio- et radiothérapie détruisent les cellules cancéreuses mais endommagent aussi les tissus sains. Dans les ovaires, ils peuvent compromettre définitivement la production des ovules avec pour conséquence une stérilité définitive. Nombre de jeunes femmes atteintes d’un cancer font congeler des fragments de leurs tissus ovariens avant d’entamer leur traitement, pour les réimplanter après leur guérison.

Cette pratique a permis jusqu’à présent la naissance de plus de 130 enfants de par le monde, mais elle n’est pas exempte de risques. Il est possible, pour certains types de cancer comme la leucémie, que des cellules cancéreuses aient envahi les tissus ovariens prélevés et qu’elles soient donc réimplantées dans le corps. La maladie peut alors réapparaître.»

Les premières avancées

En partant de ce constat, l’alternative consiste à créer un ovaire artificiel. Dr Alessandra Camboni : « Pour ce faire, nous avons isolé toutes les cellules qui composent le tissu ovarien. Nous les avons débarrassées d’éventuelles cellules cancéreuses qui auraient envahi l’ovaire. Nous avons ensuite tenté de recréer artificiellement le tissu ovarien avant de le greffer. Pendant cette année de recherches, nous avons cultivé in vitro (en laboratoire) les cellules de la matrice (aussi appelée stroma) qui entoure les follicules dans l’ovaire. Nous avons pu montrer qu’il était ainsi possible de mimer in vitro des processus de différenciation cellulaire. En effet, si on les stimule correctement, ces cellules du stroma sont potentiellement capables d’induire la maturationdes follicules. Ceci est très important car les follicules ovariens ne peuvent pas être greffés tous seuls. Ils ont besoin de cette matrice tridimensionnelle pour pouvoir se développer correctement et générer des ovules. Ceux-ci pourront alors quitter l’ovaire afin d’être fécondés. »

Une approche expérimentale

Au stade actuel de ces recherches, l’approche est expérimentale. « Avant de procéder à des essais cliniques chez la femme, de nombreux tests seront nécessaires afin de prouver la sécurité de cette méthode », explique le Dr Alessandra Camboni. « Actuellement, nous sommes au stade préclinique de l’étude. Il nous faudra encore plusieurs années avant de passer aux essais cliniques. Grâce à la collaboration volontaire de nombreuses patientes des Cliniques universitaires Saint-Luc, nous avons en tout cas la chance de pouvoir travailler avec du tissu ovarien humain. Cela nous permet d’avancer plus rapidement dans nos recherches. »

Une équipe pluridisciplinaire

« L’équipe qui travaille dans ce projet est multidisciplinaire : il y a des médecins gynécologues, des vétérinaires, des biologistes, des ingénieurs... La possibilité de travailler activement dans ce projet me permettra d’y apporter de nouvelles compétences et connaissances de mon domaine qui est l’anatomie pathologique. En outre, comme il s’agit d’un mandat de cinq ans, cela va me permettre de suivre ce projet très ambitieux jusqu’à – espérons-le – son accomplissement. », explique le Dr Alessandra Camboni.

 

 

Dernière adaptation le: 30/09/2019