Mandats postdoctoraux | Dr. Johnny Duerinck: « Les traitements expérimentaux, la seule piste en cas de glioblastome récidivant » | Fondation contre le Cancer

Mandats postdoctoraux | Dr. Johnny Duerinck: « Les traitements expérimentaux, la seule piste en cas de glioblastome récidivant »

Dr. Johnny DuerinckActuellement, le pronostic des patients atteints d’une tumeur maligne au cerveau reste sombre en cas de rechute. Depuis le début de sa formation, le Dr Johnny Duerinck est déterminé à y remédier. Dans le cadre du mandat qui lui a été octroyé par la Fondation contre le Cancer, il cherche à améliorer les traitements et à augmenter l’espérance de vie des patients en rechute de glioblastome.

 

Dr Johnny Duerinck - Universitair Ziekenhuis Brussel (UZ) - Projet de recherche : immunothérapie et anti-angiogenèse administrés à des patients en rechute de glioblastome
 

Dr Johnny Duerinck : « Le glioblastome est une tumeur cérébrale particulièrement agressive. Le pronostic de survie est très sombre, même en combinant les meilleurs traitements actuels. La durée de survie moyenne est d’environ un an et demi. Actuellement, en cas de rechute, aucun traitement ne permet d’augmenter les chances de survie. Nous avons pour objectif d’évaluer l’efficacité d’un certain nombre de traitements innovants pour les patients présentant une rechute de ce type de cancer. »

Dans l’intervalle, un premier essai clinique mené auprès de 54 patients est arrivé à terme. Lors de la phase II de cette étude clinique, le Dr Duerinck et son équipe ont effectué des recherches sur l’efficacité d’une nouvelle immunothérapie combinée à des inhibiteurs de l’angiogenèse (un traitement permettant de freiner la formation des vaisseaux sanguins irriguant la tumeur). « Un certain nombre de patients semblent en bénéficier », affirme le Dr Duerinck. « Mais les résultats indiquent que cela ne s’accompagne d’aucun avantage en termes de survie. » Ce constat, que l’on pourrait qualifi er de ‘décevant’, n’est toutefois pas sans intérêt pour les chercheurs qui ont compris que des stratégies complémentaires sont nécessaires pour déclencher une réaction immunitaire plus efficace.

Une première mondiale

Récemment et pour la toute première fois, une immunothérapie a été administrée directement dans le cerveau de patients atteints d’un glioblastome. Dr Duerinck : « Le but de cet essai clinique (une étude en phase I effectuée auprès des patients atteints d’un glioblastome récidivant) est d’évaluer la faisabilité et la sécurité d’un traitement combiné expérimental. Celui-ci consiste à injecter l’immunothérapie dans le cerveau après l’ablation chirurgicale de la tumeur. Cette première étape est suivie d’une administration intraveineuse toutes les deux semaines. » Les premiers résultats semblent encourageants et vont nous permettre de traiter un plus grand nombre de patients. Par ailleurs, une deuxième étude est en cours pour les malades (actuellement7) dont la tumeur récidivante ne peut plus être traitée par chirurgie.

Un combat sur plusieurs fronts

« À l’avenir, nous souhaitons stimuler davantage le système immunitaire afin de l’activer contre la tumeur. Pour cela, nous allons utiliser la thérapie par cellules dendritiques (une forme d’immunothérapie) et des virus oncolytiques (capables de reconnaître et détruire les cellules cancéreuses). Dans une deuxième phase, nous espérons étendre cette étude afin d’inclure un plus grand nombre de patients. Grâce au mandat de la Fondation contre le Cancer, je peux me concentrer davantage sur la recherche clinique et l’expérimentation des nouveaux traitements en neuro-oncologie. En tant que médecin, j’estime qu’il est très important de pouvoir proposer une option thérapeutique aux patients lorsqu’il n’y a pas de traitement standard prévu, comme c’est souvent le cas pour les personnes att eintes d’un glioblastome récidivant. »

Dernière adaptation le: 30/09/2019